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Dire que nous avons la nature de bouddha, c'est dire que nous sommes de nature divine. Nous sommes tissés de sagesse, d'amour, de compassion, de clarté-luminosité... Mais notre nature divine est actuellement voilée par des souillures adventices, c'est-à-dire passagères, comme le soleil est voilé accidentellement par les nuages.
Atteindre l'éveil, c'est dissiper tous les voiles qui nous empêchent d'accéder à notre potentiel profond, à notre nature de sagesse. De fait, et dans la situation présente où l'éveil n'a pas encore été atteint, nous sommes tous des bouddhas perturbés.
Travailler à dissiper les nombreux voiles et obscurcissements qui nous empêchent de manifester les qualités du bouddha, c'est d'abord sortir de nos propres projections et fantasmes sur l'éveil, dénouer tout ce fatras en écoutant, puis en réfléchissant aux enseignements donnés (sur la nature de bouddha, la vacuité, les modes de connaissance...), enfin en combinant tous ces enseignements et techniqes d'éveil (méditations et bodhicitta) de façon à obtenir une vue juste du résultat, du fruit recherché.
Si nous pratiquons la méditation selon notre propre vision et compréhension égocentrée et perturbée, nous allons obtenir un résultat mais, puisque cette compréhension sera sujette à fluctuation, le résultat sera aussi instable irréel que notre compréhension égocentrée.
La méditation par la vue juste est seule à même de nous conduire au résultat absolu et définitif qu'est l'éveil. La vue juste est seulement obtenue par l'étude, la méditation et le développement de l'esprit d'éveil. L'esprit d'éveil ou bodhicitta est obtenu par l'écoute et la réflexion et la méditation.